Décès d'un artiste au talent remarquable

Nous rendons hommage à Petr Baran, marionnettiste remarquable et cofondateur du Théâtre de l'Illusion. Manipulateur, concepteur et sculpteur québécois, il rejoint Felix Mirbt et Micheline Legendre au Panthéon des marionnettistes qui ont, de par leur implication, lutter pour la reconnaissance de la marionnette québécoise et son rayonnement.

Voici le communiqué du Théâtre de l'Illusion :

Montréal, le 28 octobre 2011 ─ C’est avant-hier, 26 octobre, que nous quittait Petr Baran, à la suite d’une longue maladie. Il était un marionnettiste au talent remarquable; un artiste qui s’est démarqué par son implication auprès des jeunes marionnettistes avec qui il aimait partager sa passion des arts de la marionnette. L’intégration de plusieurs disciplines artistiques au sein du théâtre de marionnettes reflétait sa vision particulière du métier. Ceux qui l’ont connu se souviendront d’un homme brillant, passionné et rieur.
Né en 1953, à Havirov, ville de la République tchèque, il a étudié l’art de la marionnette à la Chaire des arts alternatifs et de la marionnette de Prague. En 1977, il s’installait au Québec pour créer, 2 ans plus tard, en compagnie de Claire Voisard, L’Illusion, Théâtre de marionnettes. En plus d’assurer la codirection artistique de la compagnie jusqu’en 1999, il était chargé de cours au département de théâtre de l’UQAM.

En collaboration avec l’AQM, il a mis sur pied Les chalets, un lieu où plusieurs artistes de renommée internationale sont venus discuter de leur travail avec les marionnettistes du
Québec. Il a également travaillé avec de nombreuses compagnies d’ici à titre de scénographe. En 2001, il retournait en République tchèque et s’installait dans le paisible village de Kružberk. Tout en contribuant à l’essor de la discipline, il a été à l’origine de spectacles que le milieu du théâtre et le public (jeune et moins jeune) garderont longtemps en mémoire, entre autres :
Tempête dans un verre de lait (1986), un spectacle qui met en vedette un enfant se lançant dans une aventure hors du commun : aller à la rencontre du soleil!
Les Contes merveilleux (1991), un spectacle interactif où les jeunes spectateurs décident du sort des princes, des sorciers et des rois de ce monde.
La Ballade du plombier (1996), une ode à la beauté des petites choses de la vie, inspirée de Verne, Supervielle et Rimbaud.

Dans ce dernier spectacle, avec plaisir, il citait des vers de Rimbaud aux enfants. Aujourd’hui, l’équipe de L’Illusion les lui susurre à l’oreille dans l’espoir qu’ils l’accompagnent dans son ultime aventure :
«Elle est retrouvée.
Quoi ? — L'Éternité
C'est la mer allée
Avec le soleil».

Source : Théâtre de L'Illusion

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